Crèmes solaires : démêler le vrai du faux

L’été arrive, les journées rallongent et le soleil refait enfin son apparition.

Qui dit soleil dit aussi protection solaire.

Aujourd’hui, tout le monde connaît les risques liés à une exposition excessive :

  • coups de soleil ;
  • vieillissement prématuré de la peau ;
  • cancers cutanés.

Mais depuis quelques années, un autre sujet revient régulièrement dans les médias :

> Certaines crèmes solaires seraient nocives pour notre santé ou pour l’environnement.

Alors faut-il s’inquiéter ? Existe-t-il des crèmes solaires vraiment respectueuses de la planète ?

Essayons d’y voir plus clair.


Pourquoi certaines crèmes solaires sont-elles critiquées ?

La principale inquiétude concerne leur impact sur les écosystèmes marins.

Selon la Fondation pour la Nature et l’Homme, environ 25 000 tonnes de crème solaire seraient rejetées dans les océans chaque année.

Les récifs coralliens sont particulièrement touchés.

Or les coraux jouent un rôle essentiel :

  • ils abritent près d’ 1/4 de la biodiversité marine ;
  • ils protègent les côtes de l’érosion ;
  • ils soutiennent la pêche et le tourisme dans de nombreuses régions du monde.

La disparition des récifs coralliens aurait donc des conséquences écologiques, économiques et sociales majeures.

Cependant, il est important de préciser que les crèmes solaires ne sont qu’un facteur parmi beaucoup d’autres. Le réchauffement climatique, l’acidification des océans, la pollution plastique ou encore la surpêche restent aujourd’hui les principales menaces pour les coraux.

Photo libre de droit

Que contient réellement une crème solaire ?

Une crème solaire est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.

On retrouve généralement :

Les filtres UV (environ 20 %)

Ce sont eux qui assurent la protection contre les rayons UVA et UVB.

Les stabilisateurs (environ 55 %)

Ils permettent de maintenir la formule stable dans le temps.

Les agents sensoriels (environ 20 %)

Ils rendent la crème agréable à appliquer.

Les actifs complémentaires (environ 2 à 5 %)

Par exemple :

  • aloe vera ;
  • acide hyaluronique ;
  • glycérine.

Les deux grandes familles de filtres UV

C’est ici que se situe l’essentiel du débat.

Les filtres organiques (aussi appelés chimiques)

Ce sont des molécules synthétiques qui absorbent les rayons UV.

Leurs avantages :

  • texture légère ;
  • fini invisible ;
  • confort d’application.

Mais certains filtres ancienne génération sont controversés.

Les plus souvent cités sont :

  • l’octocrylène ;
  • l’octinoxate ;
  • l’oxybenzone ;
  • l’homosalate.

Ils sont suspectés, selon les molécules et les études :

  • d’avoir un impact sur les organismes marins ;
  • de présenter une activité endocrinienne potentielle ;
  • ou de provoquer davantage d’allergies.

Attention cependant :
> tous les filtres organiques ne se valent pas.

Les filtres de nouvelle génération présentent généralement de meilleurs profils environnementaux et toxicologiques.


Les filtres minéraux (aussi appelés physiques)

Ils reposent principalement sur deux ingrédients :

  • l’oxyde de zinc ;
  • le dioxyde de titane.

Leur fonctionnement est relativement similaire : ils réfléchissent un petite partie et absorbent la majorité des UV.

Ces ingrédients sont issus de l’extraction minière, une activité qui possède elle aussi un impact environnemental non négligeable.

Ils sont souvent privilégiés par les personnes ayant une peau sensible qui réagit aux filtres organiques.

Le principal inconvénient reste leur texture :

  • plus épaisse ;
  • parfois blanchissante ;
  • moins agréable à porter.

Pour améliorer le rendu cosmétique, certains fabricants utilisent des nanoparticules.

Ces dernières restent autorisées en cosmétique mais doivent obligatoirement être indiquées par la mention [NANO] dans la liste INCI.

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Pourquoi Hawaï a interdit certaines crèmes solaires ?

Hawaï et les îles Palaos ont choisi d’interdire certaines molécules comme :

  • l’oxybenzone ;
  • l’octinoxate.

L’objectif est de limiter les risques potentiels pour les récifs coralliens.

Cette décision reste toutefois débattue.

Plusieurs chercheurs soulignent que les études ayant montré des effets sur les coraux ont souvent été réalisées en laboratoire à des concentrations très supérieures à celles observées dans la nature.

Autrement dit, l’impact existe probablement, mais son ampleur réelle fait encore l’objet de discussions scientifiques.


Le cas particulier de l’octocrylène

L’octocrylène est probablement le filtre UV le plus discuté aujourd’hui.

Pourquoi ?

Parce qu’il peut se dégrader avec le temps et générer de la benzophénone.

Cette substance est :

  • suspectée d’être perturbatrice endocrinienne ;
  • associée à certaines réactions allergiques ;
  • considérée comme problématique pour les milieux aquatiques.

Face à ces préoccupations, l’ANSES a proposé en 2025 d’envisager son interdiction.

Le sujet est donc toujours en cours d’évaluation réglementaire.


Alors, quelle crème solaire choisir ?

La réponse la plus honnête est :

> celle que vous utiliserez réellement.

Une crème solaire imparfaite mais appliquée correctement protège infiniment mieux qu’une crème parfaite restée dans un placard.

Si vous souhaitez limiter les risques :

✔ privilégiez les filtres chimiques de nouvelle génération ;

✔ évitez les produits contenant de l’octocrylène lorsque c’est possible ;

✔ choisissez une formule résistante à l’eau si vous vous baignez ;

✔ privilégiez les filtres minéraux non nano si vous êtes particulièrement sensible aux filtres organiques.

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Ce qu’il faut retenir

Contrairement à ce que l’on lit parfois sur les réseaux sociaux, il n’existe aujourd’hui aucune crème solaire totalement neutre pour l’environnement.

Toutes ont un impact :

  • par leurs ingrédients ;
  • leur fabrication ;
  • leur transport ;
  • leur emballage.

Mais les données scientifiques montrent également que les crèmes solaires ne figurent pas parmi les principales causes de dégradation des récifs coralliens.

Le risque le plus important reste aujourd’hui l’exposition excessive au soleil.

La meilleure protection reste donc :

🧢 un chapeau

👕 des vêtements couvrants

🕶️ des lunettes de soleil

🧴 et une crème solaire adaptée à votre peau que vous utilisez régulièrement.

L’objectif n’est pas de trouver une crème solaire parfaite — elle n’existe probablement pas. L’objectif est de faire des choix éclairés avec les informations dont nous disposons aujourd’hui.

Pour aller plus loin, je vous recommande la vidéo d’une ingénieure cosmétique qui propose des crèmes solaires recommandés par type de peau :  https://www.youtube.com/watch?v=ogPpbg4MIL0

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