Déodorant : ce qu’il faut éviter avant d’acheter

On en met presque tous les jours.

Par habitude.

Sans vraiment regarder sa composition.

Pourtant, entre déodorants, anti-transpirants, sels d’aluminium ou pierre d’alun, il est parfois difficile de savoir quoi choisir.

Alors, quels ingrédients faut-il éviter ?

Et comment trouver un déodorant plus respectueux de sa santé et de l’environnement ?

On fait le point.


Déodorant, anti-transpirant, détranspirant : les différences

On utilise souvent les deux termes comme des synonymes.

Pourtant, ils n’agissent pas de la même manière.

Le déodorant

Son objectif est simple : limiter les mauvaises odeurs.

Pour cela, il peut agir de plusieurs façons :

  • limiter le développement des bactéries responsables des odeurs ;
  • masquer les odeurs grâce à un parfum ;
  • absorber une partie de l’humidité avec des poudres comme le talc.

Il ne bloque pas la transpiration.

L’anti-transpirant

Lui agit directement sur la transpiration.

Il réduit la quantité de sueur produite grâce à des sels d’aluminium qui resserrent temporairement les canaux des glandes sudoripares.

C’est pourquoi la plupart des anti-transpirants contiennent des composés à base d’aluminium.

Le détranspirant

Plus rares dans le commerce classique, les détranspirants sont principalement disponibles en pharmacie ou parapharmacie en raison de leur action plus intense.

Ils sont destinés aux personnes souffrant de transpiration excessive (hyperhidrose).

Leur fonctionnement est similaire à celui des anti-transpirants, mais leur effet est plus prolongé : ils peuvent agir pendant 2 à 5 jours. Ils s’utilisent donc seulement 2 à 3 fois par semaine, de préférence le soir, sur une peau sèche et non irritée.

Ils contiennent des sels d’aluminium, notamment du chlorure d’aluminium hexahydraté, une molécule particulièrement active également utilisée dans certains traitements médicaux.

Leur utilisation doit donc rester ciblée : il est important de respecter les recommandations d’application et de les réserver aux situations où ils sont réellement nécessaires.

Après un rasage ou une épilation, il est conseillé d’attendre environ 48 heures avant l’application afin de limiter les irritations.

Enfin, pour préserver le rôle naturel de la transpiration, mieux vaut limiter leur utilisation aux zones concernées par une transpiration excessive.

Tiré de chez Vichy

Pourquoi transpire-t-on ?

Avant de choisir un déodorant, encore faut-il comprendre pourquoi on transpire.

La transpiration a 3 rôles majeurs :

  • Fonction de thermorégulation : Elle maintient la température corporelle à 37°C
  • Fonction d’élimination : Les toxines et les déchets sont évacués par la sueur
  • Fonction d’hydratation : Elle maintient l’hydratation de la peau et de la protège contre les agressions extérieures

Mais contrairement à une idée reçue, la transpiration ne sent presque rien.

En réalité, ce sont les bactéries naturellement présentes sur notre peau qui dégradent certains composés de la sueur. Ce sont elles qui produisent les molécules responsables de l’odeur de transpiration.

La sueur est évacuée par des glandes sudoripares, dont il existe deux types.

Les glandes eccrines

Elles sont réparties sur presque tout le corps.

Notamment sur :

  • les mains ;
  • les pieds ;
  • le front.

Elles produisent essentiellement de l’eau et des sels minéraux.

Leur rôle est surtout de réguler notre température.

Les glandes apocrines

Elles sont situées principalement :

  • sous les aisselles ;
  • autour des mamelons ;
  • autour des organes génitaux.

Leur sécrétion est différente.

Elle contient davantage de lipides et de composés chimiques comme les phéromones.

Lorsque les bactéries s’en nourrissent, elles produisent les fameuses odeurs de transpiration.

Ces glandes ne deviennent réellement actives qu’à partir de la puberté.

L’odeur corporelle varie ensuite d’une personne à l’autre selon son microbiote cutané.

Tiré de chez IStock

Les sels d’aluminium : pourquoi sont-ils autant débattus ?

Les sels d’aluminium sont principalement présents dans les anti-transpirants et détranspirants.

Leur rôle n’est pas de masquer les odeurs, mais de réduire la transpiration.

Pour cela, ils forment un bouchon temporaire dans les canaux des glandes sudoripares. La sueur atteint alors moins facilement la surface de la peau. Ils possèdent également une action antibactérienne qui limite les mauvaises odeurs.

Pendant longtemps, ces sels d’aluminium ont été largement utilisés.

Mais depuis plusieurs années, ils font l’objet de nombreuses recherches et de débats scientifiques.

Pourquoi ?

Parce que certaines études suggèrent que les sels d’aluminium pourraient pénétrer dans l’organisme, notamment lorsque la peau est fragilisée après le rasage.

Des travaux expérimentaux évoquent également une possible génotoxicité, c’est-à-dire une capacité à endommager l’ADN, ainsi qu’un rôle potentiel dans le développement de cancers du sein. Cette hypothèse est notamment étudiée en raison de l’application répétée des anti-transpirants à proximité des tissus mammaires.

Pour autant, il est important de nuancer.

À ce jour, les autorités sanitaires estiment que les données scientifiques disponibles ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre les sels d’aluminium contenus dans les déodorants et le cancer du sein.

Le sujet reste donc débattu au sein de la communauté scientifique.

Par principe de précaution, de nombreux consommateurs préfèrent néanmoins choisir des déodorants sans sels d’aluminium.

Dans tous les cas, il est recommandé d’éviter d’appliquer un anti-transpirant ou un détranspirant juste après le rasage. Les microcoupures peuvent favoriser la pénétration des ingrédients dans la peau.

Attendre quelques heures, voire jusqu’au lendemain, est généralement conseillé.

Tiré de Croq Kilos

Les alternatives naturelles sont-elles forcément meilleures ?

Pas toujours.

Le mot « naturel » ne signifie pas automatiquement « sans risque ».

Le bicarbonate de sodium

Très utilisé dans les déodorants naturels.

Il neutralise efficacement les odeurs.

En revanche, son pH élevé peut provoquer des irritations chez certaines personnes, notamment sur les peaux sensibles.

Le talc

Le talc absorbe bien l’humidité.

En revanche, son utilisation au niveau de la zone génitale féminine est déconseillée en raison de soupçons de risque accru de cancer de l’ovaire lors d’expositions répétées.

Sous les aisselles, cette problématique n’est pas mentionnée.

La pierre d’alun

Elle est souvent présentée comme une alternative naturelle.

Pourtant, elle contient elle aussi de l’aluminium.

Naturel ne signifie donc pas absence d’aluminium.


Comment bien choisir son déodorant ?

Quelques critères simples permettent déjà de faire un meilleur choix.

1. Vérifier l’absence de sels d’aluminium

Sur la liste INCI, ils sont généralement reconnaissables par la présence du mot Aluminium dans leur nom. Tout simplement.

2. Privilégier une composition courte

Une formule contenant moins d’une quinzaine d’ingrédients est souvent plus facile à analyser.

3. Tenir compte de sa peau

Une peau sensible ne réagira pas forcément bien au bicarbonate ou à certains parfums.

Le meilleur déodorant reste aussi celui que votre peau tolère.

4. Choisir un format adapté

Tous les formats ne se valent pas.

  • Le stick offre généralement une bonne tenue et contient souvent moins d’eau.
  • Le roll-on (bille) est une bonne alternative pour les peaux sensibles.
  • Le spray peut être plus irritant chez certaines personnes et expose davantage à l’inhalation des ingrédients lors de l’application.
5. Regarder le packaging

Côté environnement, le meilleur emballage reste souvent celui qui utilise peu de plastique ou qui propose un système de recharge.


Notre sélection de déodorants

Au regard de leur composition, de leur format ou de leur démarche environnementale, plusieurs références ressortent régulièrement.

Déodorants mixtes
  • Nivea — Naturally Good
  • Respire (avec recharge)
  • Wild (avec recharge)
  • Endro (baume fabriqué en Bretagne)
  • Sanex – Zero Sensitive 48 h (bille)
  • Aroma Zone – Déodorant solide au Palmarosa BIO sans plastique
  • Comme avant – Déodorant français sans plastique
  • Caudalie – Déodorant Stick Naturel Vinofresh
  • Horace – Déodorant Protection 12H (vendu pour homme)

Comme toujours, cette sélection ne signifie pas que ces produits sont parfaits.

Elle constitue simplement un bon point de départ pour choisir un déodorant plus responsable.


En résumé

Choisir un bon déodorant ne consiste pas uniquement à regarder son parfum.

La composition compte.

Le format aussi.

Et l’impact environnemental n’est pas à oublier.

Le produit parfait n’existe probablement pas.

Mais en évitant certains ingrédients controversés, en privilégiant des compositions simples et des emballages rechargeables, on peut déjà réduire son impact tout en prenant soin de sa peau.


Sources

Comprendre le fonctionnement des déodorants
Santé et composition
  • UFC-Que Choisir — Comparatif des ingrédients indésirables dans les déodorants
  • France InfoSpray, bille ou stick : quel déodorant choisir ?
  • Basic Cosmetics — Guide d’achat des déodorants écoresponsables
  • Youtube Aluminium, notre poison quotidien

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