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Polyester, acrylique, coton, lin, élasthanne, fibres recyclées, matières synthétiques…
Aujourd’hui, les étiquettes de vêtements ressemblent parfois à un véritable casse-tête. Pourtant, comprendre la composition d’un vêtement est loin d’être un détail.
Avant de décrypter les marques de mode et d’analyser leurs engagements, il est essentiel de comprendre ce qui se cache réellement derrière les matières que nous portons au quotidien.
Pourquoi la composition d’un vêtement est-elle si importante ?
Parce qu’un vêtement a un impact environnemental important, et cela commence dès sa fabrication.
L’industrie mondiale de la mode produisait environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2018, soit l’équivalent des émissions annuelles combinées de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni.
Les Nations Unies estiment également que le secteur textile représente :
- entre 2 et 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ;
- 215 000 milliards de litres d’eau consommés chaque année ;
- environ 9 % de la pollution des océans par les microplastiques.
Et si rien ne change, ces émissions pourraient encore fortement augmenter d’ici 2030.
> Nos vêtements ont donc un impact bien plus important qu’on ne l’imagine.
Les 4 grandes familles de fibres textiles
Il existe aujourd’hui quatre grandes catégories de fibres utilisées dans l’industrie textile, présentées dans le graphique ci-dessous avec leur pourcentage d’utilisation dans l’industrie de la mode en 2024.
On remarque très clairement que les fibres synthétiques dominent largement le marché mondial.
Pourquoi ?
Parce qu’elles sont :
- peu coûteuses à produire ;
- faciles à fabriquer en masse ;
- extensibles ;
- légères ;
- et peu froissables.
En résumé :
> elles répondent parfaitement aux attentes de la fast fashion et de la consommation de masse.
Le vrai problème des fibres synthétiques
Les fibres synthétiques, comme le polyester, l’acrylique ou le nylon, sont fabriquées à partir de pétrole.
Le problème, au-delà de leur production particulièrement polluante, c’est qu’à chaque lavage, ces textiles libèrent des microplastiques invisibles qui finissent :
- dans les océans ;
- dans les sols ;
- dans les organismes marins ;
- et même dans notre propre corps.
Aujourd’hui, les fibres synthétiques sont considérées comme l’une des principales sources de pollution microplastique liée au textile.
Et pourtant, le polyester reste la fibre la plus utilisée au monde pour son coût et sa rentabilité.
Le coton est-il vraiment une meilleure alternative ?
Le coton est une fibre naturelle végétale. À première vue, cela semble déjà être un meilleur choix.
Mais la réalité est plus nuancée.
La culture conventionnelle du coton est particulièrement gourmande :
- en eau ;
- en pesticides ;
- et en produits chimiques.
C’est pourquoi de nombreux consommateurs se tournent vers le coton biologique. Et c’est effectivement une piste plus intéressante.
Mais attention :
> “Bio” ne signifie pas automatiquement une culture et une production 100 % sans pesticides.
Certains labels autorisent également un certain pourcentage de fibres non biologiques tout en affichant un logo “bio”.
Il est donc important de :
- vérifier les certifications ;
- comprendre les labels ;
- et ne pas se fier uniquement au marketing affiché sur une étiquette.
Un modèle qui devient difficilement soutenable
Selon l’ADEME, si les tendances actuelles de consommation continuent, les émissions de gaz à effet de serre liées au textile pourraient fortement augmenter d’ici 2050.
Et le problème ne vient pas uniquement des matières utilisées.
Il vient aussi de notre manière de consommer.
Aujourd’hui :
- les collections se renouvellent constamment ;
- les vêtements sont produits toujours plus vite ;
- et les prix toujours plus bas encouragent l’achat impulsif.
Résultat :
> nous achetons beaucoup plus de vêtements… que nous ne portons réellement.
Alors, comment consommer plus intelligemment ?
Il n’existe pas de consommation parfaite. Mais certaines habitudes peuvent réellement réduire notre impact.
1. Éviter la fast fashion et l’ultra fast fashion quand c’est possible
Plus un vêtement est vendu à un prix extrêmement bas, plus il devient difficile de garantir :
- des matières de qualité ;
- des conditions de fabrication éthiques ;
- des salaires corrects ;
- ou une production respectueuse de l’environnement.
Produire un vêtement durable, avec de meilleures matières premières et dans des conditions plus responsables, coûte forcément plus cher.
Pyramide de la mode – production personnelle
Cela ne signifie pas que toutes les marques situées hors de la fast fashion ou de l’ultra fast fashion sont automatiquement éthiques.
Certaines misent surtout sur leur image marketing.
> Il reste donc essentiel de vérifier les compositions et les engagements réels des marques, quel que soit leur positionnement.
2. Choisir minutieusement les fibres textiles
Les fibres végétales sont généralement à privilégier. Il reste toutefois préférable de choisir des fibres certifiées biologiques par des labels adaptés, comme GOTS.
Les fibres animales arrivent ensuite. Elles sont également naturelles, mais il faut rester vigilant quant aux conditions d’élevage et de production. Le traitement des moutons dans certaines productions de laine mérinos, par exemple, peut poser problème. Là encore, des labels comme GOTS peuvent être utiles.
Les fibres régénérées sont issues de matières naturelles, comme la cellulose d’arbres ou de plantes. Leur origine est donc intéressante. Cependant, leur transformation en fibres textiles comme le lyocell ou la viscose nécessite d’importants traitements industriels, de l’électricité et des produits chimiques.
Enfin, les fibres synthétiques, comme le polyester, sont les plus problématiques. Issues du pétrole, elles ont un impact important sur l’environnement et participent massivement à la pollution microplastique. Leur production est également souvent massive et peu transparente sur le plan éthique.
> L’objectif n’est pas d’atteindre la perfection, mais de limiter autant que possible leur utilisation.
3. Acheter moins, mais mieux
C’est probablement l’action la plus efficace.
En moyenne, un Français n’utilise qu’environ un tiers de sa garde-robe, achète près de 48 vêtements par an et jette environ 30 pièces chaque année. Des chiffres considérables.
Nous achetons souvent sous l’effet :
- des promotions ;
- des tendances ;
- des réseaux sociaux ;
- ou simplement par habitude.
Prendre le temps de réfléchir avant un achat peut déjà énormément changer les choses.
Acheter moins permet aussi :
- d’investir dans des pièces de meilleure qualité ;
- de garder ses vêtements plus longtemps ;
- et de réduire considérablement son impact environnemental.
Ce qu’il faut retenir
Lire une étiquette ne consiste pas seulement à regarder une taille ou des conseils de lavage.
C’est aussi comprendre :
- ce que contient réellement un vêtement ;
- son impact environnemental ;
- sa durabilité ;
- et parfois même les pratiques de l’industrie derrière sa fabrication.
Aujourd’hui, mieux consommer ne signifie pas être parfait.
Mais simplement :
> comprendre un peu mieux ce que l’on achète avant de passer à la caisse.
